Quelques blocs qui valent bien le détour !

lou-constructions-1(vous trouverez un texte plus complet sur les blocs en bois dans la 1ère partie du livre “Merci le jeu !”)

Notre bon sens n’a pas toujours raison. Entre des cubes colorés et des cubes en bois naturel, qu’est-ce que je choisis pour mon enfant ? Entre, d’une part, des formes évoquant des animaux, des bonhommes ou des arbres et, d’autre part, des formes explorant des cylindres, des cônes, des arcs, des triangles et des rectangles, quelle sera ma prédilection ?

Et si nous affirmons tous, haut et clair, que les cubes en bois ont réjoui nos enfances, quel est celui ou celle qui les privilégie encore comme un jouet essentiel ?

Les cubes en bois ne sont pas très hauts dans l’altimètre des nouveautés car les fabricants jouent sans cesse sur notre désir pour que nous achetions de nouveaux concepts. Ils invoquent le développement psychologique de l’enfant et de grandes lignes pédagogiques qui favorisent ses aptitudes cognitives et finissent par chasser le bon sens que seule une société de la simplicité parvient à préserver.

Ici, pourtant, pas de nostalgie. Les lignes qui suivent n’ont de sens que si elles sont du côté de la vie ; qu’elles portent le meilleur de ce que nous voulons transmettre à nos enfants.

                                                                                                    * * *

Je n’oublierai jamais ce jour où des grands parents sont entrés dans mon magasin à Bruxelles. Ils désiraient un jouet pour un enfant d’un an qui fasse du bruit et de la lumière.

Je ne pus m’empêcher de m’étonner : « Vous désirez vraiment un tel jouet ? »

Ils dirent : « C’est le souhait de la maman. »

Et moi d’oser : « Et vous allez vous laisser faire ? »

Même si je fus maladroit dans un tel dialogue, il n’y avait aucun reproche dans mes réparties. J’entendais bien que la maman désirait stimuler son petit enfant, que les grands parents désiraient faire plaisir et que toute demande est légitime.

En cherchant avec ces grands parents dans le magasin, j’en arrivai rapidement à la question essentielle : le jouet que vous voulez offrir, que doit-il traduire de vous à ce petit fils que vous aimez ? Autrement dit, vous et moi (j’avais le même âge qu’eux et ce que j’allais leur dire était donc audible), quand nous serons morts, que souhaitons-nous laisser à nos petits enfants ?

Ils se regardèrent en comprenant la vérité de la question. Ils balbutièrent alors : un monde plus simple, dans lequel nos petits enfants pourraient découvrir que ce n’est pas l’abondance qui fait le bonheur mais la juste mesure, la créativité, le lien…

Vous l’avez peut-être deviné : ils sont partis avec une boîte de blocs en bois et la promesse intérieure de jouer le plus souvent possible avec Loïc.

* * *

S’ils choisirent des blocs en bois naturel, ce n’est évidemment pas par hasard. Je pris vingt minutes avec eux pour que leurs mains et leurs yeux, leur cœur et leur intelligence puissent redécouvrir la générosité d’un tel jouet.

En Belgique, on n’utilise pas le mot « cube » comme en France mais « bloc » car les formes proposées dans un assortiment ne se réduisent pas à des cubes . Voici des cylindres, des parallélépipèdes rectangles de 4, 8 ou 12 cm de long, des cônes, des formes triangulaires, des demi sphères… tous les blocs étant des multiples parfaits les uns des autres, ce qui est important comme nous le verrons.

Un bon bloc en bois est un bloc dont la section est large, au moins 4 x 4 cm. Ce n’est pas un principe mais un confort essentiel qui favorise l’exploration du petit enfant. Quand Arthur (1 an), empile un bloc sur un autre, ses chances de réussir sont d’autant plus grandes que la surface est large. Et d’autant plus grandes que les surfaces ne glissent pas : c’est la raison pour laquelle il faudrait éviter les blocs en couleur qui ne facilitent pas les premières constructions du jeune enfant. Faites l’expérience : prenez deux blocs en couleur et faites-les glisser l’un sur l’autre. N’est-il pas vrai que ça glisse bien ? Faites la même chose maintenant avec deux blocs en hêtre naturel : par contraste, vous observerez que l’accrochage est plus stable car plus rugueux; or cette qualité est précisément nécessaire si nous désirons que l’enfant de 12 à15 mois réussisse ses premiers empilements.

La couleur a un autre désavantage : elle centre l’intérêt de l’enfant sur ses différentes nuances (jaune, rouge, vert, bleu…) mais le distrait d’un autre apprentissage qui sera utile pour sa découverte du monde : les formes et les poids. Non que la couleur soit à bannir : elle est la bienvenue avant 11 mois et après 2 1/2 ans. Dans ce dernier cas, elle ajoutera une nouvelle dimension dans l’art de construire. Sans compter que des blocs en couleur – souvent mis en bouche par le jeune enfant – sont moins hygiéniques : les bactéries restent sur des surfaces vernies tandis que le bois non traité, par ses caractéristiques naturelles, se défend davantage des intrusions bactériennes.

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Mes parents, fin des années 1950, appelaient les institutrices maternelles des « frœbéliennes ». Ce nom vient de Fröbel, un pédagogue allemand (1782 – 1852) qui fut un des premiers à déclarer que jouer pour un enfant est l’attitude par excellence qui lui permet de se découvrir lui-même et de découvrir le monde qui l’entoure. Maria Montessori, en la transformant et la poussant plus loin, est d’ailleurs l’une des grandes héritières de sa pensée.

En 1830, ce fut un langage très neuf car le jeu n’était qu’une occupation d’attente avant d’entrer dans le monde des adultes. Pour soutenir ce regard si particulier, Fröbel mit en place trois concepts novateurs : les Kindergarten (les jardins d’enfants), une première école normale pour institutrices maternelles et un jouet simple mais étonnant : les blocs en bois dont les 3 formes initiales (la sphère, le cube et le cylindre) s’enrichirent après sa mort d’autres déclinaisons. Si la pensée religieuse de Fröbel subit aujourd’hui des critiques, son invitation à explorer le monde dans la simplicité reste juste et pertinente. Les blocs en bois qu’il met à la disposition de l’enfant, outre la grande exploration qu’ils permettent – découverte de formes, empilages, classements, jeu des complémentaires, créativité – devraient toujours être des multiples parfaits les uns des autres et ouvrir en cela sa sensibilité aux sciences exactes. Les orthophonistes me le disent : un enfant qui joue beaucoup avec des blocs en bois intègre par le jeu les pré requis mathématiques.

* * *

J’entends tous les jours des parents qui me disent que leur enfant est très avancé. Si l’enfant a 3 ans, ils cherchent un jouet de niveau 4 ans et peut-être même 5 ! Un jeune père me parla un jour d’un jouet dont la fonction était triple. A droite, frapper sur des boules ; au centre, encastrer des formes dans des trous correspondants ; à gauche, un puzzle avec des chiffres allant de 1 à 9. Son fils, 1 ½ an à l’époque, s’intéressa immédiatement aux boules sur lesquelles il pouvait frapper. C’était une activité parfaite pour son âge et il la maîtrisa avec plaisir. Mais les deux autres activités le mirent rapidement en échec car elles étaient devant son nez sans qu’il puisse les « comprendre » et les maîtriser.

En comparaison de jouets semblables qui proposent tout en une fois et nous font faire des économies à double tranchant, les blocs en bois nous rappellent une sagesse essentielle. Il y a un juste moment pour chaque chose et c’est dans la répétition que la compétence s’installe.

Le bloc en bois est étonnant : il n’est jamais en avance, jamais en retard. Il correspond exactement à la maturité de l’enfant qui le sollicite. Sacha – 11 mois – prend et découvre avec la bouche. Avec les mêmes blocs, Noé – 13 mois – casse la tour que j’ai construite. Lou – 18 mois – réussit à empiler trois blocs. Sarah – 2 ans – en aligne une dizaine l’un à la suite de l’autre, casse tout et recommence un nouvel alignement. Laina – 5 ans – construit des escaliers, des barrières, des tables et mélange l’univers abstrait des blocs avec ses playmobils. Pour chacun de ces âges, le matériel est identique mais permet d’autres explorations.

Sur les boîtes de blocs en bois de la firme Haba, il est marqué : de 1 à 8 ans. Connaissez-vous beaucoup de jouets dont la gamme d’âges soit si large ?

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Nous avons quatre petits enfants dont les âges se situent entre 6 mois et 5 ½ ans. En répondant nous-mêmes à la question que je posais à ces grands parents (Que nous voulons transmettre à nos petits enfants ?), nous avions décidé d’offrir à chaque famille de nos propres enfants une grande boîte de blocs.

Ce projet exprimait à nos yeux un kaléidoscope de valeurs qui sont importantes à nos yeux : un jeu approprié pour chaque âge et créatif mais aussi un jeu basé sur une éthique à laquelle nous adhérons : les blocs Haba – je cite ceux-là car les marques de blocs ayant une section de 4 ou 5 cm sont rares sur le marché francophone – sont issus de hêtraies allemandes gérées de manière durable (bois FSC) et découpés puis poncés avec soin dans une firme européenne. La plupart des grandes firmes françaises qui proposent aujourd’hui des collections de jouets en bois, importent leurs produits de Chine et ce n’est pas les labels et les Iso qu’elles certifient qui nous disent tout, avec transparence, sur les conditions sociales de leur production (1).

Nos petits enfants les plus jeunes firent exactement ce que nous pressentions : mettre en bouche, empiler, casser, déplacer… Mais Laina, 4 ½ ans quand elle les reçut, ne manifesta pas le moindre engouement pour ces cubes sans couleurs.

Je me rappelle que, pensant la surprendre, j’avais déversé une montagne de blocs sur le plancher du salon et qu’elle, ayant regardé ce tas sans intérêt, était partie vers une autre activité.

C’est précisément ici que se joue le rendez-vous où notre place s’inscrit. Nos projets ne réussissent que si nous y investissons plus que de l’achat. Ne voulant pas que ce cadeau tombe à l’eau, je me suis assis au milieu des blocs en bois. Elle s’est retournée et, si le jeu proposé ne l’intéressait pas, elle fut preneuse de mon invitation : « Veux-tu jouer avec moi ? ».

Je lui ai proposé quelque chose de très simple : si nous construisions ensemble un mur qui traverse tout le salon ? Une muraille d’une longueur inaccoutumée fut aussitôt érigée d’un mur à l’autre, sur 5 mètres de longueur. Nous l’avons ensuite décorée avec les noisettes de l’automne et immortalisée par une photo où nous trônions l’un près de l’autre comme si nous avions réussi à grimper l’Annapurna !

Or il se fait que lorsque Laina revint chez nous le samedi d’après, elle demanda : Papy, on fait encore un mur ? Je lui ai répondu : si nous construisions plutôt autre chose ? Et de bâtir ensemble un escalier incroyablement haut sur lequel elle installa tous les animaux et playmobils qu’elle trouva dans d’autres caisses.

Aujourd’hui, Laina joue seule et très bien avec les blocs en bois. Ma femme et moi la rejoignons souvent dans ce lieu de complicité dont le secret est tout simple : un adulte ne joue dans la durée avec un enfant que s’il y trouve aussi du plaisir. Nous inventons des tables, des ponts, des décors fabuleux qui prolongent la maison de poupée et bien d’autres univers.

* * *

Dans de nombreuses familles, il y a des blocs en bois. Ils symbolisent le jouet et jamais nous ne les jetterions au feu ou dans une poubelle. Mais jouons-nous encore avec ?

Ils ne sont, bien sûr, pas le tout du jouet mais ils nous montrent un chemin équilibré qui ouvre des réponses à tant de nos questions : mon enfant a trop, mon enfant veut toujours autre chose, mon enfant se lasse.

Dans l’infiniment recommencé naît du neuf que les bonnes firmes de jouets soutiennent ; des boîtes complémentaires sont disponibles, avec des colonnes, des ponts-levis, des vitraux, des rigoles pour transformer le jeu de blocs en jeu de billes. Sans compter que les univers se mélangent : Kapla (2) a précisément des dimensions qui correspondent aux bons blocs en bois (5 kaplas s’alignent parfaitement sur un bloc de 4 x 4 x 12 cm) ; les trains n’attendent que des gares et des ponts ; les chevaliers sont en quête de châteaux et d’antres de dragon.

Dans ce témoignage du non gaspillage se dit aussi une autre part de notre vision du monde. Les jeux et l’acte de jouer sont des espaces ouverts pour exprimer ce qui nous fait vivre, nous les adultes. Nous pouvons y exprimer les valeurs auxquelles nous tenons sans qu’elles ne soient jamais moralisées. L’enfant les expérimente et s’en rend familier dans le plaisir ou le déplaisir.

Seront-elles les siennes plus tard ? C’est une question à laquelle il devra répondre par lui-même, en discernant ce qui nourrit de ce qui ne nourrit pas. Son discernement s’appuiera, entre autres, sur ces heures de jeux partagées autour d’un des plus beaux jouets qui soient : de simples blocs en bois !

 

Mais encore !

 

Parmi les questions qui m’habitent, celle-ci revient souvent : comment aider les parents à rester en relation de jeu avec leurs enfants ?

Nous avons tous une certaine bonne volonté mais, lorsque nous avons construit trois fois la même tour avec les cubes en bois, n’avons-nous pas raison de désirer autre chose ? D’autres, sur le principe, sont très disposés à jouer davantage mais le temps les mange et ils ont tant d’autres choses à faire ! Repas, lessive, ménage… qui leur jetterait la pierre ? Et lorsqu’un creux se présente, la fatigue aidant, lire ou regarder la télévision nous semble tellement plus attrayant que de rejoindre le jeu d’un enfant.

Je le redis donc : seul notre plaisir nous rend fidèle à ce rendez-vous. Seule la prise de conscience que, dans ce lien, se joue un enjeu colossal… peut nous « transporter » vers cette relation. Un enjeu colossal ? Le mot est si fort que les sourcils se relèvent : quelque chose nous échapperait donc ?

* * *

Dans la voiture qui nous emmène vers la maison, ma petite fille Laïna (6 ans) me dit : Papy, est-ce que nous jouerons ensemble avec les blocs en bois ? Tout en regardant la route, je me réjouis de sa demande. A 6 ans, elle n’a toujours pas jeté au feu ces sacrés blocs en bois ; c’est qu’ils nous tiennent toujours vivants et, pour le dire autrement, nous animent ! Son plaisir reste entier car nous conjuguons ce jeu sous toutes ses formes : en fantaisie et en humour, en expériences et en audace, en jeux

5-maison-et-natureadaptés à son âge ou en le mêlant aux autres jeux qu’elle aime : poupées, animaux, Playmobil. Seconde constatation : elle ose encore et toujours me le demander ! Elle ne m’a pas classé parmi les adultes que les enfants – souvent clairvoyants – rangent, faute d’entrain récurrent, dans le camp de ceux qui ne veulent plus jouer !

Je la regarde avec tendresse. Ma petite fille ! Celle qui saute de joie quand je viens la chercher à l’école et qui bouleverse mon cœur ! Celle qui est précieuse à mes yeux et celle pour qui je suis précieux !

Je lui réponds : je te le promets mais je te dirai quand ce sera possible pour moi ! De son côté, elle sait que je tiens mes promesses ; de mon côté, je me sens respecté : je ne peux être « tout et tout de suite » pour elle car j’ai du travail plein les bras ; mais, précisément parce qu’elle est précieuse à mes yeux et qu’une enfance « c’est si court », je garderai pour elle un morceau de mon temps.

Lorsque je la rejoins, durant l’après-midi, avec la grosse caisse de blocs en bois, je la titille en lui disant : te rappelles-tu du pont que nous avons construit la semaine passée ? Ses yeux pétillent et ses mains trouvent rapidement de quoi élever deux escaliers et une longue passerelle dont les éléments s’appuient sur un pilier central. Quelle mémoire, les enfants ! Elle n’a rien oublié des techniques que je lui ai apprises pour construire deux escaliers semblables et ajuster le tablier du pont de manière stable et horizontale. Voilà bien une part du bonheur immédiat que je trouve dans le jeu avec mes petits enfants. Dans leurs réponses aux jeux que j’invente, ils réagissent, apprennent, répètent, innovent. Je suis au théâtre de la vie. Je suis aux premières loges de leur soif de découvrir et d’entreprendre. Comment ne pas croire que c’est la chose la plus importante du monde ? Comment ne pas croire que l’avenir du monde se construit en de tels moments ?

Elle entremêle aussitôt des composants venus d’autres univers : des personnages playmobil dont une voiturette sur laquelle est assise une personne malade ainsi qu’un gros bateau construit en légo. C’est précisément ici, dans l’accueil de cet inattendu, que le jeu rebondit et ne peut me lasser. La passerelle est trop étroite pour la voiturette : il faut doubler la surface. Le bateau est si large qu’il ne peut passer : nous devons trouver une solution pour retirer le pilier central ; nous pensons dès lors à une technique de contrepoids pour que les passerelles se maintiennent au-dessus du vide. Nous osons puisqu’une des lois du jeu est de pouvoir tout essayer ! Nous défaisons et reconstruisons, apprenant par là-même qu’il faut souvent revenir en arrière ou déplacer un élément pour qu’autre chose puisse advenir. Nous sommes dans les grandes lois de la vie. Ce que j’ai appris en 50 ans, je le glisse dans un jeu d’enfant. Je l’assouplis et moi, le grand stressé, je lui dis : n’aie peur de rien ; bouge des éléments de ta vie et tu trouveras des réponses.

Le soir, quand elle s’en va, je lui dis avec sincérité : merci d’avoir joué avec moi ! Elle me répond : de rien, Papy ! Et plus tard encore, lorsque qu’en couple, nous nous retrouvons pour le repas du soir, ma femme me dit : que vous étiez beaux de jouer ensemble !

Qu’ils sont précieux ces mots ! Comme toute parole qui dit quelque chose de l’indicible ! Que, dans cette complicité, se transmet ce dont tous les enfants du monde et tous les adultes ont besoin : d’être sujet d’un lien unique au monde qui nous dit de manière réciproque : tu es unique à mes yeux et je suis unique à tes yeux.

Or n’est-ce pas précisément sur cette assurance que la vie trouve son meilleur terreau pour grandir et la vieillesse son meilleur jardin pour bonifier et s’apaiser ?

Oui, leurs enfances passent vite et il est du devoir de l’Enfant et la Vie de sans cesse rappeler que tout ce qui n’est pas donné est perdu, qu’un peu vaut mieux que rien, que nos enfants intérieurs ont tout à gagner de l’entremêlement aux enfances de ceux qui sont nos enfants.

Que mes propres enfants me pardonnent : je ne fus pas un père meilleur que d’autres. Je le dis heureusement sans culpabiliser. Seul le temps qui passe, le silence intérieur et l’émerveillement devant mes petits enfants me fait prendre conscience que les instants de jeux sont chaque fois pour moi des moments de joie. Et c’est la joie qui m’y fait revenir. C’est parce qu’ils sont habillés de joie qu’ils sont précieux et que je les recherche et les chercherai encore. Nos vies sont trop pauvres pour se passer de cette fête de la bienveillance et de la douceur qu’elle dépose en nous.

* * *

Qui furent vos parents ou vos grands parents pour vous ? Quelles rivières de couleurs et de jeux réveillent-ils dans les adultes

sérieux que vous êtes devenus ? Merci à mon grand-père qui sortait des cuberdons magiques de sa poche ! Merci à ma grand-mère avec qui j’allais chercher du lait à la ferme ! Merci à Maman qui nous entraînait dans des parties de mille bornes ou de scrabbles ! Merci à mon père pour les barrages et les cabanes construites durant les vacances ! Dans chacun de ces moments s’est donné de l’infiniment gratuit qui, s’il ne peut être comptabilisé sur l’ardoise des choses utiles, m’a pourtant construit dans la part de souffle et d’amour qui m’habitent. Oui, j’ose le redire : jouer avec nos enfants relève d’un enjeu colossal !

Si certains adultes ont été pour nous des sources de joie, ne pourrions-nous l’être à notre tour pour d’autres ? Ainsi, le matin, en commençant nos journées, disons-nous secrètement : quels sont les trésors dont je voudrais émailler ta journée ? Peut-être que parmi ceux-là, se trouve un moment de jeu avec un enfant…

 

Pascal Deru

 

  • En Asie, seules quelques firmes thaïlandaises dont Plan Toys sont des firmes qui méritent un label respectueux de l’éthique et d’un vrai développement social que nous apprécions.

 

Au salon ne Nürnberg 2010, nous eûmes une longue conversation avec le directeur de Plan Toys.

Des jouets qui ouvrent le lien entre l'enfant et la nature

Des jouets qui ouvrent le lien entre l’enfant et la nature

bajo-balanceNous confirmons que cette firme mérite amplement sa certification SA8000 qui est une certification de responsabilité en matière sociale. Elle offre un environnement de travail sain et sécuritaire, prend en compte le droit au développement individuel, garantit une juste rémunération, inscrit dans sa charte l’absence de discrimination et prohibe le travail des enfants. Bien plus, elle est initiatrice de projets culturels à travers une fondation et met à disposition un espace où sont proposées des conférences, des cours de yoga, une librairie. Bien qu’elle ne soit pas une ONG, elle immerge de temps en temps des jeunes de la rue dans une initiative de reforestation dans le sud-est de la Thaïlande.

 

(2) Kapla, baguettes en pin des landes, à partir de 4 ans, fabriqué en France.

Il ya 1 commentaire pour l'instant

  • 3 années ago · Répondre

    Cher Pascal
    Très souvent je pense à vous. Et après ce qui s’est passé à Bruxelles hier j’ai poussé un peu plus loin et eu envie de vous retrouver… Et j’ai lu cet article sur les blocs qui m’a beaucoup touchée. Grand-mère moi aussi et comme vous militante du jeu (nous nous sommes rencontrés plus d’une fois, vous vous souvenez ?) je partage tellement cette philosophie ! Merci.
    J’espère que vous allez bien ainsi que vos proches.
    Très amicalement. Catherine

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